La saison 2009-2010 en théâtre

L'abonnement de saison 2009-2010 pour assister à plus de 40 manifestations est en vente dès à présent, au prix de 96.-

 

théâtre
accueil
La Melancolie des Dragons
de Philippe Quesne / Vivarium Studio (F)

du je 17 au sa 19 septembre
je/sa : 19h, ve : 20h30

© Martin Argyroglo


Dans La Mélancolie des Dragons, Philippe Quesne réussit l’incroyable tour de force de déconstruire les artifices théâtraux pour mieux réenchanter le monde. Inaugurant chaque spectacle par la scène qui achève le précédent (ici L’Effet de Serge), on retrouve les membres chevelus d’un groupe de hard rock et un chien, retenus par une panne dans un décor enneigé. Ils guident leur amie Isabelle dans le parc d’attractions itinérant contenu dans le coffre et la remorque de leur voiture : machine à bulles, ventilateurs, formes gonflables, jet d’eau, etc. Isabelle parcourt un à un ces « presque rien » qui, contre toute attente, émerveillent par leur poésie fragile.

« Un théâtre laborantin qui s’ingénue à modifier les conventions du genre et parvient à créer un univers aux contours incertains entremêlant le songe et la matière, le son et les mots, la fumée et la lumière, la solitude et le groupe. » Aude Lavigne

Philippe Quesne invente des spectacles réunissant acteurs, plasticiens, danseurs, musiciens et un chien. Des invités et des figurants viennent ponctuellement enrichir en France et à l’étranger chacune des créations du Vivarium Studio, laboratoire multiforme et sensible présent sur les grandes scènes européennes.

Ce spectacle fait partie des sorties théâtrales proposées par l’Université Populaires. Informations sur www.uplausanne.ch

je 17 septembre entrée libre, réservation indispensable

www.vivariumstudio.net

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théâtre
création
Voir les anges si furieux
mise en scene Vincent Bonillo, Cie Eponyme (CH)

du je 8 au di 18 octobre
ma/je/sa : 19h, me/ve : 20h30, di : 18h

© Pénélope Henriod

En prolongeant certaines tendances actuelles vers des scénarios catastrophiques, la Cie Éponyme choisit le bord du précipice pour nous parler du monde. De ce point de vue, elle trace un panorama inquiétant, mais aussi ironique et risible sur ce qui nous environne quotidiennement: nos manies sécuritaires, la propension à la peopolisation, le penchant à la médiation à outrance, les sollicitations transformant l’humain en client, les diverses méthodes de fuite… Pour décrire ces tourments, la compagnie choisit le détournement de différentes sources textuelles. Elle privilégie les associations d’idées, le fragmentaire, l’aléatoire et une bonne dose d’absurdité. Par l’éclat de la forme, elle met ainsi en scène l’éclatement de l’individu, penchant du côté du pire, comme pour mieux l’éviter.

La Cie Éponyme se définit comme une équipe de créateurs dont les projets sont avant tout des espaces de liberté. Elle propose un théâtre en prise avec le réel qui se plaît à l’anticipation, à l’humour noir, et qui se veut volontiers satirique.

Du 8 au 18 octobre, Pénélope Henriod expose une trentaine de photographies dans les abris. Cette exposition prolonge le travail des comédiens de la Cie Éponyme autour d’images de presse et de publicité connues, de classiques de la photographie ou de l’histoire de la peinture.

www.cie-eponyme.ch

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théâtre
création
Affaires privees
texte et mise en scene Dominique Ziegler (CH)

du ma 20 au sa 25 octobre
ma/ve/di : 19h, me/je/sa : 20h30

Affaires privées explore la jungle des banques et des officines financières. On y découvre des hommes aussi mystérieux que puissants, aussi discrets que ambitieux, dont l’implication dans des opérations douteuses modifie notre environnement. La pièce, telle une intrigue policière, explore le destin de ces hommes, écrasés par ce même rouage qu’ils ont contribué à créer. Mais Affaires privées n’est pas un pamphlet anticapitaliste de plus. Le scénario offre aux personnages l’épaisseur, la complexité et les contradictions d’un grand thriller psychologique.
Dominique Ziegler porte un regard fortement aiguisé sur le monde et possède une connaissance approfondie des différents mécanismes de société. Auteur et metteur en scène, son sens de l’humour et du rythme lui valent de séduire un large public : sa première pièce N’Dongo revient dénonçait le système totalitaire africain de façon hilarante ; par la suite, de René Stirlimann aux Rois de la Com, l’auteur genevois ne cessera de dénoncer différents modes de compromission par le biais de l’humour.

Affaires privées est coproduit et présenté dans le cadre de l’Opération Colporteurs.

en parallèle, Le Château, d’après le roman de Franz Kafka, adaptation Cie Pasquier-Rossier, du je 22 octobre au di 1er novembre

 

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théâtre
création
Le Chateau
d'apres le roman de Franz Kafka
adaptation Cie Pasquier-Rossier (CH)

du je 22 octobre au di 1er novembre
ma/je/sa : 19h, me/ve/sa : 20h30, di : 17h

Monsieur K., arpenteur de son métier, est convoqué par un mystérieux châtelain pour mesurer son domaine et fixer le cadastre. Arrivé au village au pied du château, il se heurte à la méfiance des habitants qui prétendent que personne n’a fait appel à lui. Bizarrement, on lui assigne deux aides, Arthur et Jérémie, qui se montrent aussi inutiles qu’encombrants. Comme dans un mauvais rêve, K. essayera de rassembler les morceaux pour comprendre quelque chose à sa situation. Comment réussir à pénétrer la forteresse ? Qui est ce châtelain tout puissant qu’il n’arrive même pas à atteindre au téléphone ? Etrange et drôlatique, Le Château est un roman sur la tentative de l’être humain de s’intégrer à son environnement, de trouver l’âme sœur et d’échapper à une bureaucratie écrasante et omniprésente.

En adaptant l’un des chefs-d’œuvres de Kafka, la cie Pasquier-Rossier raconte le cheminement de K. qui, au fur et à mesure qu’il avance pour atteindre les hauteurs du château, ne cesse de reculer. Onze comédiens se répartissent la vingtaine de rôles retenus pour cette adaptation, chassé-croisé de personnages qui donnent corps à des situations aussi cauchemardeuses que cocasses.

www.cie-pasquier-rossier.ch

en parallèle, Affaires privées, texte et mise en scène Dominique Ziegler, du ma 20 au sa 25 octobre

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théâtre
création
7 Secondes
précédé de
Si on s’ecrase maintenant on meurt
de Falk Richter
mise en scene Jerome Richer (CH)

du ma 10 au di 15 novembre
ma/je/sa : 19h, me/ve: 20h30, di : 18h

En choisissant deux pièces de Falk Richter, jeune auteur allemand associé à la Schaubühne de Berlin, Jérôme Richer affirme sa sensibilité pour un théâtre en prise directe avec l’actualité. Formellement différentes - l’une étant un monologue tandis que l’autre joue de la multiplication des points de vue - ces pièces partagent le goût pour des personnages digérés par le système, les médias et les idéologies, des êtres qui se perdent face à une réalité froide d’une extrême violence. Dans Si on s’écrase maintenant, on meurt, un cadre, travaillant au service de restructuration d’une multinationale, s’emporte dans une logorrhée où des logiques économiques et pornographiques finissent par se mêler. Alors que les voix de 7 secondes nous font suivre le destin de Brad, pilote américain en Irak qui s’écrase après avoir lâché une bombe par erreur, ainsi que la vie de sa famille restée aux USA.

A ces tragédies contemporaines s’ajoute un humour décomplexé. Mais c’est surtout la confusion entre fiction et réalité qui est au cœur des écrits de Falk Richter qui, face à la société de l’image dans laquelle nous vivons, compose des fables ironiques et cruelles.

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théâtre
création
Utopie d’une mise en scene
conception et mise en scene Christian Geffroy Schlittler (CH)

du ma 17 au di 22 novembre
ma/je/sa : 19h, me/ve: 20h30, di : 18h
© Isabelle Meister

« Il fut un temps où les artistes hissèrent les enjeux esthétiques à la hauteur des enjeux sociopolitiques. Des gens de théâtre tentaient alors de mettre en scène l’utopie. L’utopie révolutionnaire : embrasement simultané du politique et de l’artistique. Utopie d’une époque ? Ne rêverons-nous plus jamais d’un monde meilleur ? Ne réaliserons-nous jamais un monde meilleur ? » C. Geffroy Schlittler

Dans Utopie d’une mise en scène, l’histoire de la révolution russe et ses protagonistes de l’avant-garde artistique servent de matière aux élaborations scéniques de trois comédiens. Questionnant le lien toujours en définition entre art et société, ils incarnent Meyerhold, metteur en scène, et Maïakovski, dynamiteur de poésie ; deux hommes engagés, militants, contestataires, emportés par le défi de la révolution. Une troisième figure, l’écrivain et acteur Nikolaï Erdman, offre le contrepoint d’une opinion plus nuancée, le regard du témoin.

Christian Geffroy Schlittler plonge dans les couches de l’histoire théâtrale pour mieux questionner les enjeux d’aujourd’hui. Il convoque les figures du passé en toute désinvolture, privilégiant une approche libre, humoristique issue d’un travail d’aller-retour entre les essais scéniques et leurs transcriptions écrites.

www.louispinagot.ch

en parallèle, Margarita Prod, les ve 20 et sa 21 novembre

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Margarita prod
4 artistes interdisciplinaires programmés par Margarita Prod (maison de production et de diffusion belge)
20 et 21 novembre, 18 et 19 décembre, 19 et 20 mars, 28 et 29 mai

Présente à Bruxelles, en Flandre, mais aussi à un niveau international, Margarita Production suit le travail de jeunes artistes souvent inclassables, qui oscillent entre plusieurs disciplines, des arts de la scène à la performance, des installations à la vidéo. Cette agence artistique, qui s’occupe de production et de diffusion, travaille actuellement avec Kate McIntosh, Kris Verdonck, Eva Meyer-Keller, Manah De Pauw pour ne citer que quelques artistes.
A l’Arsenic, lors de quatre rendez-vous dans la saison, Margarita ouvre une fenêtre sur leurs productions. Une occasion de découvrir, le temps d’un week-end, des propositions artistiques d’une scène belge audacieuse qui a su mettre en place des relations inédites entre les différents arts.

en parallèle, Utopie d’une mise en scène, mise en scène Christian Geffroy Schlittler, du ma 17 au di 22 novembre

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voyage des publics
Opération Colporteurs
Incendies
de Wajdi Mouawad

à la Maison des Arts de Thonon-Evian
le 20 novembre

Quatre théâtres - La Maison des Arts Thonon-Evian, Château Rouge Annemasse, Le Poche Genève et l’Arsenic Lausanne - mènent chaque année une action culturelle commune sous le nom de Opération Colporteurs.
Cette saison, outre la coproduction du spectacle Affaires Privées de Dominique Ziegler, Colporteurs propose au public de l’Arsenic une sortie culturelle à la Maison des Arts de Thonon-Evian, avec voyage en bus et repas, le vendredi 20 novembre pour le spectacle Incendies de l’auteur et metteur en scène Wajdi Mouawad.
Places limitées, réservations et infos : +41 (0)21 625 11 36

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Journees de Theatre Contemporain
du je 26 au sa 28 novembre

Les Journées de Théâtre Contemporain 2009 (JTC) proposent trois jours durant lesquels une douzaine de compagnies de Suisse romande présente leurs récentes créations dans six théâtres de Genève et de Lausanne. Cette plate-forme a pour objectif de soutenir la diffusion en Suisse et à l’étranger, et s’adresse principalement aux programmateurs nationaux et internationaux. Elle offre la possibilité unique de découvrir un programme de créations scéniques sélectionnées spécialement pour cette occasion.
En partenariat avec:
Théâtre du Grütli, Genève / Théâtre de l’Usine, Genève/ Théâtre Saint-Gervais, Genève / Théâtre 2.21, Lausanne / La Grange de Dorigny / Arsenic, Lausanne
Programme disponible sur www.journeestheatrecontemporain.ch

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théâtre
création
Il n’y a que les chansons de variete qui disent la verite !
Episode 1/4 : Who will be the Hero ?
mise en scene Alexandre Doublet (CH)
 
du ma 8 au sa 19 décembre
ma/je/sa: 19h, me/ve: 20h30, di: 18h

© Nora Rupp

Les aventures de Anne, Sophie, Nicolas, Marie, Serge, Sarah, Michel, Grégory, Dylan et Kathy qui, par une belle journée d’été, s’ennuient à mourir. Ils sont réunis pour fêter le retour de Michel, le mariage de Serge et Sophie, l’arrivée de Marie dans la famille. Sur sa terrasse, Anne reçoit ce petit monde qui ressemble étrangement à celui de Platonov de Tchekhov.

Un Platonov à la sauce sitcom avec décor en carton pâte et salon de jardin 100% plastique. Un cadre à hauteur de cette épopée humaine où un certain héros est attendu. Qui endossera ce rôle ? Autrement dit Who will be the Hero ? Dans ce premier épisode qui inaugure une série théâtrale en quatre parties, tous se pressent au portillon de l’héroïsme ; tous cherchent à nous séduire par des représentations narcissiques d’eux-mêmes. A tour de rôle, ils viendront chanter des tubes pour exprimer ce qu’ils ressentent. Car, comme le dit si bien le titre générique de cette série fleuve, Il n’y a que les chansons de variété qui disent la vérité.

Vingt minutes de ce spectacle ont été présentées et primées (1er prix) à Premio 2008, concours qui attribue des prix d’encouragement à des spectacles de jeunes compagnies. Ce spectacle a ainsi reçu le premier prix.

www.compagniealexandredoublet.wordpress.com

en parallèle, lecture de King Kong Théorie, de Virginie Despentes, par la Cie ad-apte, le je 10 décembre,
Margarita Prod, les ve 18 et sa 19 décembre

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théâtre
création
Assis et carnivore
texte et mise en scene Marielle Pinsard (CH)

du ma 12 au di 17 janvier
ma/je/sa: 19h, me/ve: 20h30, di: 18h

Après avoir tracé un portrait féroce et caustique de nos sociétés aisées (Pyrhus Hilton, Nous ne tiendrons pas nos promesses), Marielle Pinsard ouvre un nouveau cycle dans son travail d’auteur et de metteuse en scène autour de la définition de l’être humain. Se pencher sur ce sujet fondamental, c’est l’occasion pour Marielle Pinsard de s’intéresser à la distinction entre l’homme et l’animal. Qu’est-ce que la bestialité ? Quelles sont les caractéristiques de l’homme ? Quels sont ses rites ? Assis et carnivore convoque une dizaine de comédiens (1 garçon et 10 filles) et se construit à partir d’improvisations et de textes écrits au fur et à mesure des répétitions. Présenté à l’Arsenic et à Saint-Gervais, il est le premier spectacle autour de l’Homme et la Bête, sujet qui se dévelopera dans d’autres lieux en Suisse et ailleurs.

Depuis 2000, date à laquelle elle fonda sa compagnie, Marielle Pinsard a écrit de nombreuses pièces mises en scène par elle-même et d’autres compagnies. Elle crée également des lectures performatives, ainsi que des spectacle-events à caractère sociologique et interdisciplinaire. Cette année 2009, quatre de ses textes sont publiés aux Editions Campiche.

www.cie-mpinsard.ch

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théâtre
création
Pour l’instant, je doute
texte et mise en scene Marie Fourquet, Cie ad-apte (CH)

du je 21 au di 31 janvier
ma/je/sa: 19h, me/ve: 20h30, di: 17h

© Sandro Santoro

Ecrire comme si elle était un homme en empruntant un «je» masculin. C’est le défi que c’est lancé Marie Fourquet qui depuis 2007 publie chaque mois un de ses (auto)portraits dans le magazine Profil. Sous l’impulsion de ce geste libérateur, elle retranche ses personnages dans des situations piquantes, souvent drôles. Confrontés à la pression d’une décision importante, à l’un de ces moments où tout peut basculer, les hommes de Marie Fourquet errent et soliloquent. Fragiles, ils nous livrent leurs pensées les plus intimes, celles éloignées de toute représentation virile, où le doute surgit. Du glamour, du banal, de la vulnérabilité, la plume acérée de Marie Fourquet n’économise aucun ingrédient pour dessiner ces histoires d’hommes, héros du quotidien.

Auteurs, metteurs en scène et comédiens, Marie Fourquet et Philippe Soltermann créent en 2004 la Cie ad-apte. Ils ont à leur actif plusieurs spectacle, parmi lesquels Cabaret sexuel, Otage 06, Frère humain ou la tendresse d’un steak et plus récemment –je-me-déconstruction- présenté à l’Arsenic ainsi qu’à La Bâtie Festival de Genève.

Les jeudis 10 décembre et 28 janvier, lecture de King Kong Théorie de Virginie Despentes par la Cie Ad-apte

en parallèle, Ilámame mariachi, chorégraphie La Ribot, du me 20 au sa 23 janvier
et The best and the worst of us, chorégraphie Simone Aughterlony, les sa 30 et di 31 janvier

www.ad-apte.com

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théâtre
création
Autoportrait
suivi certaines soirées de
Suicide
d’Edouard Leve
mise en scene Guillaume Beguin, Cie De nuit comme de jour (CH)

du je 18 au di 28 février
Autoportrait : ma/je/sa (+ve 19) : 19h, me/ve: 20h30, di : 17h
Suicide : ve 19, sa 20, ma 23 à 21h, sa 27 à 22h

© Radu Zero

Photographe et écrivain, Edouard Levé s’est suicidé en 2007, âgé de 42 ans. Quelques jours avant sa mort, il remit à son éditeur un manuscrit intitulé Suicide. Le livre s’ouvre sur l’évocation du suicide d’un ami à qui l’auteur s’adresse ; mais, ce « tu » résonne peu à peu comme un « je » où Edouard Levé contemple l’image impossible de sa propre mort.

C’est sur sa vie entière que se tourne Autoportrait, son précédent livre. Sans cheville, ni logique, l’ouvrage juxtapose une série de constats nets, non sans comique et autodérision, de l’auteur sur lui-même. « Adolescent, je croyais que La Vie mode d’emploi m’aiderait à vivre, et Suicide mode d’emploi à mourir » écrit-il, en référence à Perec qui l’influença dans son projet littéraire.

Montrés indépendamment l’un de l’autre, ces deux textes se présentent comme la double face d’une même énigme. Celle liée à une existence et à sa fin brutale qui ne peuvent laisser qu’une réalité fragmentaire. Guillaume Béguin en expose les contours flous, les limites du perceptible et ouvre des espaces sensibles au travers de deux mises en scène d’une grande sobriété.

en parallèle, Playback, concept Nicole Seiler, du je 25 février au di 7 mars

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théâtre
création
You can speak, you are an animal
un projet de Massimo Furlan et Claire de Ribaupierre, Numero23Prod. (CH)

du je 11 au di 21 mars
ma/je/sa: 19h, me/ve: 20h30, di: 18h

© Pierre Nydegger et laure Cellier

A la fois prédateur terrifiant et fétiche consolateur, l’ours évoque les frayeurs et les câlins de notre enfance. Figure paradoxale, il pénètre le théâtre d’images de Massimo Furlan. Mais à l’inverse des animaux des contes dotés de paroles, l’ours reste ici sans langage, enfermé sur lui-même. Dans une blancheur scénographique éclatante, inversion de la boîte obscure théâtrale, il y croisera des femmes en noir, corbeaux inquiétants, héroïnes des sœurs Brontë ; l’idiot, sorte d’enfant-adulte pathétique et cruel au costume étriqué ; le bon sauvage de Rousseau; la «chose», squelette et muscles d’une mascotte à l’allure débonnaire ; Jaz Coleman, chanteur du groupe post punk anglais Killing Joke, mégalomane solitaire hanté par des visions apocalyptiques.

You can speak, you are an animal explore, avec dérision et sincérité, l’ambiguïté des sentiments (la violence de la douceur, la perversité de l’amour), des états (sauvage/civilisé) et des règnes (animaux/humains). Dernier opus de Massimo Furlan, il poursuit le questionnement sur l’animalité et le langage abordés dans Palo Alto et Sono qui per l’amore.

Ce spectacle fait partie des sorties théâtrales proposées par l’Université Populaire. Informations page et sur www.uplausanne.ch

www.massimofurlan.com

en parallèle, Margarita Prod, les ve 19 et sa 20 mars

 

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théâtre
création
Looking for Marilyn (and me)
mise en scene Denis Maillefer (CH)

du je 8 au di 18 avril
ma/je: 19h, me/ve/sa : 20h30, di: 18h
© Catherine Monney

Marilyn... l’icône fragile dont la mort subite à 36 ans nourrit les fantasmes et de nombreuses enquêtes. Mais surtout Marylin, l’actrice vertigineuse. C’est à partir d’enregistrements remis quelques jours avant sa mort à son psychiatre, de lettres et de citations de films, que Denis Maillefer revient sur l’histoire de la star. Avec sa volonté désespérée d’être regardée, doublée de ce désir d’être aimée pour elle-même, Marilyn questionne le rapport que nous entretenons aux regards des autres. Sous quelle forme cherchons-nous à plaire ? Quelles relations avons-nous à la séduction ? Comment cherchons-nous à exister ? En croisant le mythe Marilyn et les confessions réelles ou fictives des comédiens, Looking for Marilyn (and me) parle de notre propre volonté d’être unique.

Denis Maillefer poursuit un travail basé sur la narration d’éléments biographiques des comédiens, démarche éprouvée dans Je vous ai apporté un disque et La première fois. Avec cette nouvelle création, il entreprend de relier textes et improvisations autour des ressources intimes et personnelles des comédiens pour des représentations à fleurs de peau, différentes à chaque soir.

www.theatre-en-flammes.ch

en parallèle, L’étang, de Robert Walser, mise en scène Ludovic Chazaud, du ve 9 au di 11 et du ve 16 au di 18 avril

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théâtre
création
L’etang
de Robert Walser
mise en scene Ludovic Chazaud, Cie Jeanne Föhn (CH)

du ve 9 au di 11 et du ve 16 au di 18 avril
ve/sa : 19h, di : 17h

© Mercedes Riedy

Œuvre de jeunesse écrite vers 1902, L’étang met en scène le suicide simulé par le jeune Fritz (double criant de Walser) pour gagner l’amour de sa mère dont il se croit mal aimé. La pièce, qui cultive l’ambiguïté entre fiction et aveu personnel de Walser sur son enfance, préfigure les créations à venir du dramaturge suisse. C’est ainsi que, dans le sillage de L’étang, Ludovic Chazaud égrène les personnages de fables à venir, comme Blanche-Neige et Cendrillon qui, pour exister dans les adaptations futures de l’auteur, guideront Fritz vers le chemin de l’écriture. Ce sont aussi les paroles du poète et des conteurs, Rainer Maria Rilke et les frères Grimm, qui viendront compléter les mots mélancoliques et lumineux de Walser.

Créé à La Manufacture, dans le cadre des projets d’été, et interprété par les comédiens fraîchement diplômés de l’école, ce récit d’initiation, subtile mise en abyme du devenir écrivain, mais aussi du devenir acteur, nous immerge dans la forêt du doute amoureux, le sentier de la solitude, les danses des amours impossibles…

en parallèle, Looking for Marilyn (and me), mise en scène Denis Maillefer, du je 8 au di 18 avril

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théâtre
création
50 cm (titre provisoire)
mise en scene Anna Van Bree, Cie Belgo-Suisse (CH)

du ma 4 au di 9 mai
ma/je/sa : 19h, me/ve : 20h30, di : 18h

Anna Van Brée aime la démesure. Elle traçait, dans Utzgur !, l’état de l’héroïsme. Puis, avec Faust 08, elle s’attaquait au chef-d’œuvre de Goethe à travers le prisme du philosophe Peter Sloterdijk. Avec sa nouvelle création, elle réunit une dizaine de comédiens qu’elle sollicite dans le choix-même du sujet de cette création. Ensemble, ils puisent matière à fiction dans leur biographie et leurs lectures privilégiées. S’inventent ainsi des histoires, des personnages qui leur ressemblent, des règles du jeu qui permettent d’inclure une part de leur réalité. Cette multiplicité des propositions se présente comme des espaces de liberté qui questionnent peu à peu les structures contraignantes entourant et conditionnant notre société. En reliant ces paroles fragmentées, Anna Van Brée et le dramaturge Mathieu Bertholet collent, montent, coupent un moment de théâtre où apparaît en filigrane le récit d’une force collective.

La Cie Belgo-Suisse propose un théâtre vif, réactif, politique. Une expérience kaléidoscopique où souffle un vent d’anarchie. Si 50 cm est une courte distance, ce spectacle promet d’ouvrir des perspectives qui, comme une boule à facette tournoyant sur elle-même, illuminent à l’infini.

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théâtre
création

Obese
mise en scene Antoine Jaccoud (CH)

du je 20 au di 30 mai
ma/je/sa : 19h, me/ve: 20h30, di : 18h

Eros et Thanatos, ce vieil accouplement, ce rendez-vous entre le sexe et l’anéantissement, le plaisir et la mort, est le noyau thématique de cette pièce vouée à dire l’obésité et l’ambivalence de l’homme à l’égard des rondeurs, fussent-elles extrêmes. Après le très remarqué Mari de Lolo, Antoine Jaccoud renoue avec son approche à la fois foraine et documentaire du théâtre, en convoquant deux comédiens, un danseur et quelques BBW (Big Beautiful Women) sur le plateau de l’Arsenic.

Selma 95 est née de la rencontre de la comédienne neuchâteloise Françoise Boillat et du dramaturge lausannois Antoine Jaccoud. Partisants d’un théâtre qui vibre des tremblements du monde, ils invitent à venir témoigner quatorze survivants du massacre de Srebrenica. C’est Les survivants, initiative qui se réalisa en 2005 au Théâtre Saint-Gervais. En 2007 à l’Arsenic, la compagnie créa En attendant la grippe aviaire, spectacle qui proposait un regard ironique sur l’éventuelle pandémie. Avec Obèse, elle mêle pour la première fois comédiens professionnels et « vrais gens », textes de théâtre et témoignages, fiction et réalité.

en parallèle, Margarita Prod, les ve 28 et sa 29 mai